Albi, le 10 juillet 2026
« Le dérèglement climatique n’est plus une hypothèse scientifique.
Il est devenu une réalité quotidienne.
Dans le Tarn, nous le constatons. Les canicules arrivent plus tôt, durent plus longtemps, les nuits ne permettent plus aux bâtiments de se rafraîchir, les incendies progressent et la ressource en eau devient chaque année plus fragile.
Deux choix s’offrent à nous : subir, ou anticiper.
J’ai choisi d’anticiper.
Parce que gouverner, ce n’est pas attendre que les dégâts soient visibles pour agir. C’est décider en amont - parfois au prix fort, souvent dans l’exigence, mais toujours pour protéger durablement les habitants.
Depuis 2022, avec la majorité départementale, l’adaptation au changement climatique est une priorité. Parce que ses effets sont déjà là : sécheresses plus longues, chaleurs plus intenses, incendies plus fréquents, eau qui se raréfie, aînés et équipements publics fragilisés.
Rehausse du barrage de Saint-Géraud, 60 retenues agricoles créées, 6,8 millions d’euros pour l’étiage, interconnexions des réseaux d’eau - parce que l’eau est devenue une ressource stratégique qu’il faut stocker, partager, mieux répartir.
3 500 chambres d’EHPAD rénovées - parce que les plus fragiles sont les premières victimes des canicules.
5 millions d’euros pour le SDIS, 12 nouveaux camions incendie - parce que le risque de feu de forêt augmente et que nos pompiers doivent pouvoir intervenir vite.
Dès l’automne : plus d’espaces rafraîchis dans les collèges, plus de soutien aux communes qui végétalisent - parce que l’école et l’espace public doivent, eux aussi, s’adapter.
Aucune de ces décisions n’était obligatoire.
Je les ai assumées parce qu’elles étaient nécessaires.
Je préfère investir aujourd’hui plutôt que réparer demain, car chaque euro consacré à l’anticipation évite demain des coûts supplémentaires.
Je préfère protéger plutôt que subir, parce qu’un territoire qui anticipe est un territoire plus résilient, plus solidaire et plus juste.
Je préfère préparer l’avenir plutôt que commenter les crises, car les habitants attendent des actes, pas des constats répétés.
Les Départements ne sont plus seulement les collectivités des solidarités. Comme le Tarn, ils doivent devenir les collectivités de l’adaptation.
C’est pourquoi j’appelle l’État à faire confiance aux territoires - et à nous donner les moyens d’aller plus loin.
Car la bataille climatique ne se gagnera pas depuis Paris. Elle se gagnera dans les territoires, dans nos départements, là où l’on peut agir vite.
On ne gagne pas la bataille du climat avec des discours.
On la gagne avec des arbres plantés, de l’eau sécurisée, des pompiers équipés, des aînés protégés.
Dans un pays où l’action publique se heurte trop souvent à l’attentisme et à la centralisation, le Tarn démontre qu’un territoire peut être à l’avant-garde.
Le Tarn ne prétend pas tout résoudre seul. Mais il montre qu’un territoire qui décide d’anticiper et d’agir peut changer la donne. C’est notre part du chemin.
Continuons d’anticiper. C’est un devoir ! »
Christophe Ramond,
Président du Conseil départemental du Tarn